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N° 27 AVRIL 2007
samedi 14 avril 2007

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 VOYAGE VERS LE FUTUR

par Jacky JOUAN

Nous étions neuf membres de l’Association à effectuer notre traditionnel « voyage SALEM » cette année. Plusieurs d’entre eux étaient déjà allés : Mariel Culos (1994), Henriette Aubay (1999), Thérèse et Daniel Bosc ainsi que Denise Le Provost (2005), Martine et Jacky Jouan dont c’était le huitième voyage. Deux « nouveaux » concrétisaient leur connaissance profonde mais jusqu’ici théorique de nos actions : Béatrice Vallet (venue pour vérifier l’utilisation de vos sous !!) et Pierre. Ainsi c’est avec des points de vue variés que ces « voyageurs » ont perçu le milieu au sein duquel nous agissons. Cette variété constitue manifestement une situation intéressante et génératrice entre nous de discussions parfois véhémentes ! mais sans nul doute enrichissantes pour l’Association et son avenir. Vous trouverez dans ce journal les perceptions de chacun d’entre nous. Plus que jamais les parrainages sont apparus comme notre réussite majeure. Lors d’un grand rassemblement d’enfants parrainés le dimanche 28 janvier de nombreux « anciennes et anciens » ont témoigné : certains avaient terminé leurs études et exerçaient une profession (enseignante, ingénieur, policier, infirmière…) d’autres étaient en fin d’études universitaires ou en formation professionnelle. Mais ce qui constitue peut-être un phénomène nouveau, plusieurs d’entre eux, reconnaissant de nos initiatives, s’impliquent désormais ou veulent s’impliquer dans les opérations que nous menons. On citera bien sûr Saraswathi , enseignante en collège qui depuis quatre années anime l’aide au village de lépreux de Déviakurrichi. Dhamodharan, son frére, l’a rejoint et se montre très actif. Il vient par ailleurs de se faire élire au conseil municipal (Panchayat). N’oublions pas Sathivel et Pauline Mary, tous deux brillants étudiants et débordant d’énergie pour apporter leur support ainsi que John Paul, une de nos premières filles parrainées qui aujourd’hui est responsable de la maternelle à Kootatupatti.

Le ferment existe sur place pour que notre action perdure et qu’elle soit relayée efficacement. Mais parlons de nos projets. Des améliorations à l’existant ont été identifiées çà et là : comment peut-on accepter que " notre" école d’Andipatti soit fermée par des fils de fer barbelés ? Habitude indienne peut-être mais quel danger pour les enfants ! Et " notre" village de Kootatupatti où nous avons inauguré les huit dernières maisons ne mérite-t-il pas un moyen permettant de scolariser dignement les enfants et d’y faire vivre une antenne socio médicale, nécessaire pour les habitants ? C’est toutefois sur Déviakurichi, ce village dont on vous a maintes fois parlé que nous nous proposons de focaliser nos efforts. Cette année, les habitants du village, tous handicapés par la lèpre nous ont accueillis. Réunion chargée d’émotion où nous avons apprécié la présence et l’efficacité de Saraswathi et de Dhamodharan cités plus haut. Nous avons constaté que l’achat de chèvres l’année dernière a été une véritable réussite pour les familles et la vie du village (Voir article de Martine). Mais nous avons aussi découvert un habitat dans un état déplorable : toits affaissés, lézardes dans les murs.(voir photo ci-contre) au point que certaines familles ont dû quitter leur maison pour se réfugier provisoirement dans un village situé à environ cinq cents mètres. Le Père Xavier et Saraswathi nous ont demandé notre soutien pour la remise en état d’une rangée de seize maisons. Après quelques investigations les dégâts nous paraissent graves et il se pourrait que la solution réaliste soit leur reconstruction intégrale. Nous sommes peut-être un peu éloigné de notre objectif direct : aide à l’éducation ; mais comment peut on prétendre vouloir stimuler l’éducation si les enfants et les parents ne disposent pas d’un cadre familial serein ? Nous avons donné notre accord sur le principe d’une aide. Nos amis indiens vont demander à un architecte un bilan des travaux nécessaires et l’Association statuera sur l’aide possible pouvant être apportée. Soyons sans illusions, il s’agit à nouveau d’un projet lourd, semblable à celui de l’école d’Andipatti mais ces lépreux attendent notre support. 2007 année du voyage mais aussi année de notre fête Salem, le 3 novembre… avec une programmation renouvelée mais toujours notre repas convivial ! Retenez cette date !!!

 PREMIER VOYAGE.

par Béatrice VALLET

Enfin, le voyage tant attendu et si désiré était arrivé. J’allais "voir pour de vrai" tout ce que je connaissais depuis de longues années. C’est donc avec joie et curiosité que j’ai commencé mon périple. Avant de parler de Salem, je veux juste raconter mon premier contact avec les Indiens. Sur la route Bangalore-Salem notre mini-bus s’arrête dans un village de laveurs-repasseurs (métier pratiqué par les plus déshérités des hors-castes). Là, une nuée d’enfants joyeux nous entoure, tous plus beaux les uns que les autres. tous veulent être sur la photo et les laveuses aussi se laissent photographier avec un grand sourire. Mais jamais personne ne tend la main pour obtenir quelques roupies. Dimanche 28 janvier, c’est la fête à Salem. Tous les enfants parrainés, et même parfois des anciens élèves, sont là. Après quelques danses, quelques chants et quelques discours, c’est l’heure du déjeuner, mais aussi des rencontres avec les enfants Je suis un peu déçue car Anitha, notre filleule, n’a pas pu venir (elle est en 2ème année de noviciat) mais sa maman est là, avec sa sœur Rani et son frère Raja, tous les deux parrainés eux aussi. Un vrai bonheur, cette famille. Nous discutons peu à cause du barrage de la langue mais leurs regards pleins de reconnaissance et de gentillesse nous vont droit au cœur. Pendant ce temps, nous avons droit à quelques boulettes de riz déposées avec la main directement dans notre bouche Je suis un peu surprise mais j’ai appris plus tard que c’était une marque de grand respect que de nourrir quelqu’un. Mardi 30, c’est Andipatti qui me procure une grande émotion. J’y avais tant participé à la construction de cette école : grâce aux nombreux donateurs (plus de 300 !) j’avais l’impression de déposer une brique sur le mur chaque fois que j’allais déposer un chèque à la banque. Et maintenant je la vois en vrai. Elle est si belle, cette école. Kootatupatti : Inauguration des dernières maisons. Chacun a l’honneur de couper le ruban d’une nouvelle maison avant qu’elle ne soit bénie par le père, puis d’être chaleureusement remercié par les nouveaux propriétaires des lieux. Lors du précédent voyage, il avait été dit que le village était sale, les gens peu sympathiques et les enfants en carence vitaminique. Ce n’est plus le cas, le Père Xavier a dû y remédier. Deviakurichi : l’accueil organisé par Sarawasthi et son frère est très touchant. Vellalapalayam et le Père Duraï Raj dans son village de pêcheurs avec une super promenade en bateau, une espèce de grand couffin rond : un petit moment de bonheur et de calme. Et… Et j’abrège, j’abrège, car Martine veut boucler son journal et me supplie de terminer mon bavardage.

 PREMIER VOYAGE (suite)

par Pierre VALLET

Premier voyage en Inde, première visite à ce grand pays, troisième économie mondiale en volume, détenteur de la bombe atomique, leader de l’informatique délocalisée, puissance spatiale incontestée, doté de sociétés industrielles redoutables (on connaît la saga Mittal-Arcelor et, pendant notre séjour, le groupe indien Tata emportait la mise pour le rachat de l’anglais Corus, devenant ainsi le cinquième mondial de l’acier : la télévision, les journaux indiens, ne parlaient plus que de ça…).

Et nous, nous allons visiter des villages, y rencontrer les enfants que nous parrainons, les familles que nous aidons, voir l’école et les maisons que nous avons fait construire. Pour moi, quel contraste. Je ne serai pas déçu.

Première émotion : Salem le dimanche, tous ces enfants et leurs parents rassemblés autour du Père Xavier, du Père Duraï Raj et d’Anto pour nous accueillir et nous remercier, le traditionnel collier de fleurs qu’on nous passe autour du cou (attention, ça tache !), les rires, la chaleur humaine, les danses et les chants, les discours, et puis, bien sûr, les premières séances photos : on les retrouve tous ces filleuls, les noms exotiques alignés sur les listings de Béatrice prennent vie, un visage soudain figé sous l’appareil ou un éclat de rire aux lèvres. Et puis ce n’est pas fini. Qu’est-ce qu’ils font ? Où en sont-ils dans leurs études ? Combien d’années encore ? La journée se termine, le Père Xavier s’est assis, épuisé, entouré de petits enfants, sa soutane blanche éclatante au milieu des couleurs du soir.

Aruna, Andipatti, Vellalapalayam, Deviakurichi, Kootatupatti… comme pour les enfants, ces noms prennent vie, se transforment en maisons, en écoles, en bateaux. Il y a encore des choses à faire : à Deviakurichi les charpentes en bois sont rongées par les termites et les murs se lézardent. Mais à Kootatupatti nous inaugurons les dernières maisons, le village est propre et bien tenu. Et puis toujours, la rencontre avec les enfants, leurs sourires et leurs remerciements, les colliers de fleurs qui tachent et la petite fête en notre honneur. Sans oublier la séance photo et l’interrogatoire… Quelles satisfactions.

Une petite déception, cependant : Anitha, notre filleule Anitha, que nous parrainons depuis des années, qui nous envoie de si belles lettres de remerciement, Anitha n’est pas venue car elle finit sa deuxième année de noviciat et ne peut pas sortir. Bien sûr, nous avons rencontré sa famille, sans père et sans ressources : sa maman, son frère et sa sœur, et nous avons pu apprécier leur dignité et leur courage. Mais il nous manque cette rencontre tant attendue. Alors, on y retournera ?

 ARUNA 2 ans plus tard

par Daniel BOSC

Après un repas à Thumbal chez Anto, nous voilà en route vers Aruna. Nous traversons une plaine fertile avec rizières et horticulture dans des champs bordés de palmiers. Nous gagnons doucement de l’altitude, avec au passage, un panorama qui découvre la retenue d’eau de Kariyakol. Il nous semble que, depuis 2 ans, le niveau est monté de 3 à 4m, signe de l’ampleur de la dernière mousson. La végétation évolue, les cultures se raréfient et leurs couleurs ainsi que celles du sol évoquent un climat beaucoup plus sec, voire aride. Enfin nous sommes à Aruna. Rien n’a vraiment changé en 2 ans, pourtant sur l’aire devant la maison commune « Hélène Grenier Hall » nous trouvons une foule diverse rangée autour d’un terrain de jeux. Cette fois ci, pas de réunion des femmes. Notre visite s’intègre dans une journée de fête des tribaux. L’assemblée villageoise est colorée, Il y a même une tribune réservée aux officiels. Le spectacle de l’après midi sera un match de Kabadi entre villages voisins. Comment, vous ne connaissez pas le kabadi ? C’est un compromis entre balle au camp et rugby qui demande, pour chaque équipe, vivacité, ruse et combativité. Durant la préparation des équipes, nous faisons le tour du “Hélène Grenier Hall”. Nous voyons les approvisionnements pour la future construction de toilettes collectives, le début de la mise en route d’une culture de champignons (pleurotes) et nous nous rendons compte que la pépinière “nursery” ainsi que l’aire de production de compost sont délaissées. Plus de production de plantes médicinales. Anto nous explique qu’il y avait un accord avec un des paysans pour utiliser un terrain jouxtant la maison commune. Cet homme est décédé et l’accord est remis en cause par ses héritiers. En conséquence, pour le moment, impossibilité de construire les toilettes et réduction de la surface de la “nursery ” de plus de la moitié. En clair ceci veut dire qu’il faut reprendre les projets et les négociations. Mais des clameurs nous attirent. Nous sommes conviés à serrer les mains de tous les compétiteurs. Nous voilà spectateurs d’un match qui semble passionner la foule, mais dont nous ne comprenons pas toutes les règles. N’étant pas de vrais spécialistes de ce sport qui peut à certains moments présenter autant de virilité que le rugby, nous partons visiter le village. Après cette foule et cet environnement de bruit et de cris, nous sommes surpris par la quiétude du lieu, avec des maisons aux toits de palme et des rues au revêtement de béton à l’aspect propre. L’ambiance d’un dimanche après-midi dans un de nos petits villages. Il n’y a pas la cohorte habituelle d’enfants et de curieux. C’est aussi le temps de mieux voir les puits, d’observer des femmes en train de trier et de moudre des graines. Voici quelques chevreaux et un peu de bétail. Une impression de calme et de sérénité. Il est temps de repartir car nous avons, en perspective, un gros travail à Thumbal pour effectuer le suivi des parrainages. Nous ne sommes restés que 2 heures sur place et, du fait des circonstances de la visite, nous repartons avec le sentiment que peut-être nous sommes passés à Aruna d’une action spectaculaire à un développement à plus long terme mais néanmoins fragile. Cette situation est particulièrement sensible aux conditions climatiques et à l’isolement du village, tant sur le plan culturel (la population est à 90% tribale), qu’éducatif (il faut prendre les transports en commun pour rejoindre une école). Une affaire à suivre avec attention !!!

 VELLALAPALAYAM

par Daniel BOSC

Daniel et moi connaissons déjà Vellalapalayam car nous faisions partie du voyage précédent et nous gardons un souvenir radieux du village où officie le père Duraï Raj. Nous attendons donc une journée magnifique et nous ne serons pas déçus. De bon matin, nous quittons Salem en minibus. Le Père nous accompagne. Nous nous arrêtons bientôt près d’un marché, pour lui permettre d’effectuer quelques emplettes qui, sans doute, nous sont destinées. La route de Vellalapalayam s’est bien améliorée depuis 2 ans et nous arrivons sans encombre et sans trop de fatigue vers 11 h du matin. Nous sommes accueillis par un magnifique bougainvillier à l’entrée du jardin du presbytère qui jouxte la petite église. Rien n’a changé : les fleurs, le soleil, le sourire du père Duraï Raj, le plaisir d’être là. Rien, sauf la famille de Dominique, le cuisinier du presbytère : une jolie petite fille est venue agrandir sa famille. Il nous la présente avec fierté. Dès notre arrivée, nous nous mettons au travail avec le Père pour faire le point sur le devenir de chacun des enfants parrainés sous sa responsabilité. Nous sommes là, au calme, dans une pièce assez fraîche, pour le moment, très intéressés par les renseignements donnés par le Père. Nous apprécions son sérieux, son intérêt pour chaque cas, la connaissance poussée qu’il a de chaque enfant, de chaque famille. Ses réponses concernant les différents cursus scolaires, les frais d’internat, de scolarité des enfants sont claires tout comme l’orientation qu’il souhaite pour chacun. Nous notons tout et Martine complète soigneusement son précieux classeur. Les enfants commencent à arriver. Certaines retrouvailles nous émeuvent beaucoup. La plupart nous annoncent leurs très bons résultats scolaires et leurs sourires sont garants de leur fierté. La cérémonie des photos commence aussi. Tout est bien réglé : Daniel prend les photos et dicte un numéro aussitôt enregistré par Béatrice. Mais c’est l’heure du repas. Comme partout, depuis notre arrivée, nous sommes choyés. Le Père, Dominique et sa famille se sont mis en quatre pour nous recevoir avec des mets succulents, dans un climat de simplicité et d’amitié où nous sommes vraiment bien. Nous aurons même de la bière ! Le temps passe et nous avons encore du travail. Il fait maintenant très chaud et le flot des enfants qui viennent nous rencontrer se densifie notablement. Les enfants font la queue, les photos se succèdent, les numéros de photo nous échappent parfois… Il fait si chaud ! Nous prenons une récréation pour visiter le village. Nous reconnaissons des personnes rencontrées il y a 2 ans. Nous mesurons l’impact du travail du Père Duraï Raj et son charisme, à la façon dont tous les villageois nous ouvrent leurs portes et nous accueillent dans la simplicité de leurs maisonnettes. Puis, nous nous dirigeons vers la petite fabrique très artisanale de sucre de canne. La chaleur est accablante auprès de l’énorme chaudron où réduit le sirop de canne et où, pourtant, s’affairent et veillent hommes, femmes et parfois enfants. Les barques en roseau toutes rondes nous attendent sur la Kauvery et, grâce à nos bateliers, nous nous laissons glisser doucement sur l’eau. Au retour, nous reprenons nos rencontres avec les enfants parrainés, les photos, les prises de renseignements, jusqu’à l’heure du repas suivi de la traditionnelle fête en notre honneur, et à laquelle assiste toute la population. Il y a même du monde sur les toits !! Les petites danseuses sont toujours aussi belles. Parfois la musique traditionnelle est remplacée par de la pop music à la manière de Michael Jackson. La sono un peu trop forte et la panne générale d’électricité ne réussissent pas à entamer la joie et l’émotion générale. Encore quelques enfants à photographier et nous repartons vers 11 h du soir, harassés de fatigue, mais la tête et le cœur pleins de souvenirs lumineux que nous essayerons de faire partager quand nous serons de retour à Balma.

 Samedi 27 Janvier 2007 RENCONTRE AVEC LE PERE XAVIER

par Mariel CULOS

Nous arrivons à Salem, l’émotion est déjà là ! Jacky constate une évolution dans la ville depuis le voyage précédent. Nous voilà à la tombée de la nuit devant le perron de la petite maison de la cure, le Père Xavier est là devant sa porte bras ouverts pour nous accueillir. Son regard malicieux et plein d’amour nous enveloppe. Le Père a une parole pour chacun de nous et demande des nouvelles des absents. Pendant que « Marcel », le cuisinier, nous prépare un succulent dîner, le Père Xavier nous fait les honneurs de son domaine : sa toute petite maison, son très grand jardin qu’il entretient lui-même. « Mais vous savez, je suis enfant d’agriculteurs et tout petit je travaillais dans les champs ; j’ai besoin de cultiver la terre. » Le Père est très fier de ses fruitiers, de ses tomates et haricots verts. Puis moment de grande émotion, il nous entraîne vers un petit dispensaire sous sa responsabilité. Là, des mamans viennent d’accoucher. Nous les rencontrons avec leur bébé et leur famille. Une grande chambrée peut accueillir 4 ou 5 accouchées et celles-ci peuvent rester quelques jours si besoin est. La salle d’accouchement, très rudimentaire à nos yeux, a cependant tout le nécessaire et est « nickel » : table d’accouchement, possibilité de perfusion, d’oxygène et même de forceps et épisiotomie. A l’autre bout du bâtiment se trouve une petite salle de consultations et de soins. Ce sont les « petites sœurs » qui officient comme infirmières et sages-femmes. Elles sont gaies comme des pinsons, rieuses et communiquent le plus possible avec nous. Après les adieux, nous traversons les jardins sous une averse violente pour notre 1er dîner avec les « pères » et Anto. Français, anglais, les mots fusent par-dessus la table bien garnie ! L’emploi du temps s’élabore pour la semaine : Fête des enfants à Salem, Aruna, Deviakurichi, Andipatti, Vellalapalayam, Kootatupatti…Heureux nous nous quittons pour un repos utile aux projets du lendemain.

 DEVIYAKURICHI

par Martine JOUAN

Pour les nouveaux lecteurs d’Enfants de Salem : Déviyakurichi est un village de lépreux situé à 60 Kms de Salem où nous parrainons, depuis 1990 des enfants. Jacky et moi avons découvert ce village en 2003 avec Saraswathi (notre première filleule) et le Père Xavier. En 2005, notre groupe y passe quelques heures et visite aussi le village gouvernemental de Déviakurichi. C’est un village fermé, extrêmement démuni, les gens ne travaillent pas (infirmités) et sont totalement pris en charge par le gouvernement (logement, nourriture, habits, santé). Pour nous, ce fut un choc. Que faire ? En attendant de nouveaux parrains l’association décida de parrainer tous les enfants (aujourd’hui 35 ont des parrains).

2007. Cette année, nous sommes 9 voyageurs qui allons passer la journée à Déviyakurichi. Arrivés en fin de matinée, nous sommes accueillis sur une petite place ombragée par le père Xavier, Saraswathi et son frère, Dhamodharan très actif dans le village. Un banc, quelques chaises pour nous et de nombreux habitants assis par terre. Tout d’abord, on nous présente les chèvres et les chevreaux. Salem a acheté 50 chèvres pour ce village et chacune a son dossier. J’ai cru un moment que nous parrainions les chèvres ! Non, soyons sérieux, dans ce dossier, il y a : le nom, l’adresse et la photo du propriétaire et de la chèvre Il s’engage à ne jamais revendre celle-ci, à s’assurer qu’elle ait un bon pâturage et lors de la naissance de chevreaux, à en donner un à l’association. Le tout timbré et signé ! La vente, d’un très bon rapport, est un revenu conséquent pour les habitants. Le Père Xavier puis Saraswathi parlent ensuite aux villageois de l’éducation, de l’avenir de leurs enfants, du but du parrainage … Tous sont très attentifs. Après quelques photos, parlottes mimées et traduites avec les habitants, nous allons nous restaurer. Pique-nique prévu _ nous avions apporté des fruits _ En fait, repas préparé par des femmes du village. C’est un festin servi dans de la vaisselle neuve avec fourchettes et couteaux (une grande première à Dévia !). Ils nous servent et sont ravis de nous faire plaisir. Nous, on est un peu gênés … Après le repas, on reste entre femmes et bien sûr on discute (tamoul, anglais traduit par Saraswathi). L’une nous montre une cicatrice au niveau du rein : elle l’a vendu 5000 roupies (100 €), une autre nous montre sa jambe très abîmée opérée d’un cancer. Une autre nous présente ses enfants, ils sont magnifiques et tous, sont souriants, posent pour une photo, nous proposent de rentrer chez eux… Nous voyons ensuite les premières maisons de Déviakurichi construites il y a environ 30 ans. Très gros problèmes de toits. Le Père Xavier souhaite que nous aidions les habitants à restaurer leur maison. On reconnaît la nécessité mais on attend les devis. Il commence à faire chaud, vagabondage dans le village. On rencontre Fatima, parrainée jusqu’à ce jour (17 ans). Mariée, elle attend un bébé et est revenue selon la tradition, accoucher chez sa mère. Revenus à notre petite place ombragée nous faisons un point sur les enfants parrainés. Nous apprenons que certains d’entre eux sont pensionnaires très loin (Madras, Ooty) car leurs parents sont des mendiants. Parents et enfants prennent le train pour aller de ville en ville mais quand les enfants ont l’âge d’aller à l’école, ils les laissent dans des familles d’accueil. Au moment des vacances, tous reviennent à Déviakurichi. Nous avons rencontré trois de ces enfants revenus de façon exceptionnelle pour un problème de santé. La petite fille, Mariya, avait des boutons sur le visage et les parents craignaient un problème de lèpre. Ce n’était, heureusement, pas le cas, elle avait « seulement » une carence en vitamines. Cette situation que nous découvrons nous préoccupe et nous allons régulièrement nous assurer que ces enfants poursuivent une scolarité normale. Déviakurichi reste un objectif prioritaire pour les années à venir : aide aux enfants d’abord et aussi aide à la reconstruction des maisons.

 RAPPORT DE SARASWATHI, DEVIYAKURICHI INDIA.

Traduction et synthèse du rapport : Catherine Chéron

Après de chaleureux remerciements à tous les membres de l’association Salem, Saraswathi nous informe sur la vie de son village et de ses habitants : Nous sommes très heureux de vous parler du merveilleux service que vous rendez à nos enfants et à notre village, Deviyakurichi, situé à côté de Attur, district de Salem dans le Tamil Nadu. 100 familles vivent dans ce village ; toutes sont pauvres et parmi elles, les lépreux sont mis à part. Ils n’ont reçu aucune éducation, ils sont ignorés, haïs et négligés par la société et par leur famille. La plupart d’entre eux sont incapables de travailler à cause de leur maladie. Ceux qui en sont capables s’occupent du bétail ou sont journaliers. Quelques-uns mendient. Notre condition avant les parrainages de l’association Salem Le gouvernement indien a construit 10 centres de réhabilitation pour les lépreux. Dans ces centres, les lépreux et leurs enfants reçoivent de la nourriture, des vêtements, un toit et des soins. Mais notre gouvernement ne s’occupe pas de la scolarisation des enfants. Comme nos parents sont lépreux, ils sont incapables de gagner de l’argent pour envoyer leurs enfants à l’école. Ils se souciaient de l’avenir de leurs enfants. Personne ne les aidait et ils ne trouvaient aucune solution à ce problème. Notre condition maintenant Grâce au père Xavier, peu à peu, les plus démunis trouvèrent des solutions à ce problème d’éducation des enfants. Il fut le premier dès 1979 à scolariser des enfants de lépreux dans des écoles du district de Salem. Après cela, J Jouan et des amis ont rencontré le Père Xavier et à partir de 1990 le parrainage d’enfants de Deviyakurichi a commencé. En 2003 : première visite du village par des Français de l’association. Votre action soutenue a grandement contribué à notre développement. Voilà quelques exemples d’enfants qui ont été parrainés :

  • Saraswathi, est professeur au lycée St Johns à Salem. Elle est membre du bureau de l’Association Salem Inde.
  • Venkatesh est policier à Coimbatore
  • Ravichandran est ingénieur dans le textile à Trippur
  • Dhamodharan a été élu à la municipalité de Deviyakurichi, il est agent du LIC et également membre de Salem en Inde d’autres poursuivent des études supérieures
  • T. Sakthivel est en 3° année de maîtrise d’Histoire
  • T. Tamil Vendhan est en 1° année de licence de Science Informatique à l’école St Joseph
  • Sudha est en 1° année d’école d’infirmière
  • P. Tamilarasi est en 3° année d’école d’infirmière En mai 2006 l’association Salem a organisé un camp d’été dans notre village. Les enfants ont beaucoup apprécié et beaucoup appris. Les principaux thèmes et activités du camp d’été ont été, à partir des jeux et des chansons :
  • l’importance d’étudier, que travailler dur et persévérer sont les clés du succès,
  • la sincérité, l’honneur et la bonne conduite,
  • l’importance de notre vie,
  • bien planifier nos actions et développer le goût de la lecture,
  • l’importance de coopérer et le respect des autres,
  • les règles de santé et d’hygiène ainsi qu’une évocation des problèmes de l’adolescence
  • la photographie, le dessin et la peinture.

Nous étions mal-aimés, rejetés, oubliés par notre société de par notre condition physique, sociale et économique. Pourtant vous nous avez aimés et respectés comme des être humains. Vous avez dépensé beaucoup d’argent pour notre éducation. Il se peut que vous ne voyiez pas immédiatement le résultat de votre action. Mais peu à peu je vous informerai de nos progrès. Maintenant notre société nous regarde et nous respecte grâce à l’éducation que vous nous avez permis de recevoir. Nous sommes fiers et heureux de nous. Notre gratitude et nos souhaits vont à chacun des membres de l’association Salem France qui contribue à l’amélioration de nos vies.

 CONTRASTES

par Henriette AUBAY

L’inde est par excellence le pays des contrastes, à chaque moment de notre voyage, nous sommes frappés par cette impression de côtoyer la beauté la plus essentielle, surnaturelle même et la réalité la plus insoutenable. Nous vivrons les deux moments de contrastes les plus intenses à Déviakurichi et à Varanasi . A Déviakurichi, dès notre arrivée le contraste est saisissant entre les plus âgés des adultes qui nous accueillent portant les marques de la lèpre, moignons de mains, prothèse, et les enfants beaux et bien portants. Dans ce village où tous les habitants sont d’anciens lépreux et pour beaucoup d’entre eux, vivent de mendicité nous vivons des moments de bonheur paisible quand, par exemple les villageois amènent au père Xavier les chevreaux qui viennent d’être achetés par Salem pour les femmes du village, et qu’un chevreau boit le biberon dans la bonne humeur générale…. Et jusqu’à notre départ où pour nous dire au revoir, ils ouvrent des noix de coco et nous offre le lait de ce fruit. Nous quittons ce village plein de contrastes entre la pauvreté des habitants, l’environnement verdoyant et le calme qui s’en dégage. A Varanasi, Bénares, après avoir assisté au petit jour sur une barque plate aux rites de purification des pèlerins dans le Gange, le fleuve le plus pollué du monde, nous remontons vers la vieille ville que nous traversons pour nous rendre au temple mosquée hindou et musulman, objet de litiges entre ces deux communautés. Dans les ruelles étroites, encore sombres, bordées de petites échoppes, le spectacle est indescriptible de saleté, ordures, bouse de vaches, sol glissant. Des hindous prient devant des petites chapelles fermées par une grille laissant voir un autel éclairé de bougies. Nous approchons du temple mosquée. Des militaires en armes et des sacs de sable protègent les entrées de ce lieu de prière. L’atmosphère militarisée de ce sanctuaire est oppressante. Nous repartons par la vieille ville. De nouveau la saleté des ruelles, la présence des vaches broutant les ordures, les bouses à éviter nous lèvent le cœur mais au milieu de ces immondices, des petites boutiques de fleurs et de beaux enfants en uniforme d’écoliers, socquettes blanches et chaussures, cartables sur le dos, impeccablement coiffés partent à l’école !! Nous rentrons à l’hôtel, choqués et silencieux. Vers 17 h 30, notre guide nous propose de retourner en vélo-rickshaw au ghat où nous étions le matin pour la cérémonie du coucher de soleil. La route qui mène au Gange est méconnaissable, colorée par les soieries des boutiques de rouge et de jaune, éclairée, bruyante, grouillante d’une foule que nos rickchaws évitent très habilement. Nous arrivons au Ghat Dasaswameth où nous étions ce matin. Sur sept pontons, devant le Gange sont dressés des autels colorés. Nous montons sur une terrasse d’où nous pourrons mieux voir. Un haut parleur diffuse un cantique et sept jeunes « pandits » prêtres vêtus de jaune et de rouge se placent devant les autels, tournés vers le fleuve, ils commencent la cérémonie du coucher de soleil.. Ils accomplissent ce rite tous ensemble, une prière lente et rythmée par le cantique diffusée par le haut parleur. Les pèlerins sont assis par terre devant eux sur les pontons, les mains jointes. Chaque geste doit correspondre à un rite précis. On leur apporte des grands chandeliers allumés en forme de cône, qui doivent être très lourds. Ils les prennent d’une main et font de grands moulinets lents autour d’eux ; on leur apporte ensuite un petit foyer avec de l’encens et ils bénissent la foule. L’odeur de l’encens monte jusqu’à nous. Le spectacle est grandiose, contraste saisissant avec ce que nous avons vécu le matin. Nous repartons avant la fin de la cérémonie pour éviter la cohue. Dans la rue grouillante de vie, de bruit et de lumière, nos rickshaws nous attendent. Nous repartons vers notre hôtel, heureux d’avoir vu sous ce jour, ce lieu mythique qui nous avait semblé si incompréhensible ce matin. Chaque moment de notre voyage sera marqué par les contrastes de ce pays dont la croissance et la maîtrise des technologies les plus avancées côtoient la mendicité des enfants, des slums insalubres et des coutumes ancestrales inconciliables à nos yeux avec la vie moderne. Mais au-delà de ces contrastes, ces vingt jours passés en Inde m’ont fait un peu découvrir la fascination que peut exercer ce pays sur tous les mystiques du monde

 Quelques images du voyage touristique

par Denise Le Provost

Deux ans plus tard, l’émotion était intacte, pas vraiment intacte, mais enrichie de l’attente de retrouver ceux que l’on connaît déjà. Valarmati, ma filleule, a bien grandi. Même si elle a acquis une gracieuse retenue, ses yeux pétillent toujours autant. Dans le groupe nombreux de tous ceux qui nous accueillaient, mon regard la cherchait, c’est vrai, mais comment aurais-je pu manquer ses petits appels de la main, furtifs et discrets certes, mais quand même insistants ? Quelques effusions plus tard, grâce à Saraswathi qui traduisait, j’ai su que toute la famille venait d’emménager dans leur nouvelle maison à Déviakurichi, que Chitra, sa petite soeur, était aussi heureuse qu’elle, et que toutes les deux travaillaient bien. Dire que la semaine passée à Salem parut courte, serait faible ! Mais quand nous sommes envolés, le coeur un peu triste, nous partions pour le Rajasthan, le pays des maharadjahs, un mythe encore pour plusieurs d’entre nous !

Nous allions découvrir ces lieux aux noms qui font rêver ! Pourtant, confortablement installés dans le bus qui nous mène vers Agra, c’est plutôt les tristes bidonvilles que nous découvrons d’emblée, la foule patiente ou affairée, quelques images difficiles, des turbans salis, de jolis saris, des rickshaws surbondés, des cyclo-pousse habiles, un trafic vibrant de klaxons. On rencontre tout sur les routes de l’Inde : Femmes altières sous leur faix, chameaux transporteurs et quelques éléphants, attelages de vaches… Les vaches : singulière condition que la leur, nettoyeuses d’ordures, trieuses de plastiques souillés, elles sont aussi reines, maîtresses de leurs errances, et nul ne les dérange ! Notre gros bus s’arrête avec bienveillance pour leur laisser la place quand elles prennent nonchalamment l’autoroute à contre sens. Question de religion ? Sans doute, mais nous nous sommes amusés à imaginer en voyant au long des routes les précieuses galettes de bouse pétries et façonnées par les femmes, mises à sécher soigneusement, souvent artistiquement avant de servir de combustible, que le soin apporté à leurs déjections avait fini par les rendre orgueilleuses !

Plus sérieusement, en visitant Agra, Fatehpur Sikri, nous nous demandions comment le conquérant Mogohl Akbar, administrateur génial, amateur d’art, architecte de ces palais immenses, fortifiés mais délicatement incrustés de nacre et de pierres précieuses, avait-il pu créer une telle merveille qu’il devrait abandonner 14 ans plus tard parce qu’on y manquait d’eau ? Tôt levés, nous étions impatients de découvrir le Taj Mahal au soleil levant, et de voir peu à peu scintiller le marbre blanc, comme sur les guides touristiques. C’est de la brume qu’il s’est progressivement dégagé, comme en lévitation, irréel, parfait, et bientôt amplifié dans son reflet sur les bassins. Magique ! En attendant le train qui allait nous conduire à Orchha, il nous a fallu résister aux petits vendeurs de… tout, ceux que Charma, notre accompagnateur, nommait les mosquitos, tellement tenaces qu’ils arrivaient à leurs fins, mais que nous aurions préféré voir à l’école ! Encore une fois, il nous a fallu détourner les yeux pour, au moins, ne pas tout voir. Comme le disait l’une d’entre nous, les abords des gares sont rarement riants même s’ils ne manquent pas de pittoresque ! Le train s’est révélé rapide, confortable, propre à se reposer, prendre des notes ou écrire quelques cartes. Paysages ocrés, rougeâtres très habités ou collines inhospitalières en Uttar Pradesh, et petit frisson : C’est là que s’était repliée avec ses troupes, Phoolan-Devi, la célèbre "Reine des bandits", devenue plus tard député et finalement assassinée. Bien sûr la gigantesque citadelle d’Orchha et ses nombreux palais nous a enchantés, même si les nombreux moucharabiehs nous faisaient réagir. De Khajuraho, nous n’avons pas retenu que les sculptures érotiques, dont quelques scènes nous furent commentées avec humour et délicatesse par le guide local qui s’est surtout attaché à nous faire apprécier l’extraordinaire harmonie entre architecture et sculpture, qui fait l’élégance des nombreux temples de cette ville.

En atterrissant à Bénarès, nous étions prêts, heureusement, à partir à la rencontre d’une spiritualité inconnue de nous. Bénarès au tout petit jour, à l’heure des ablutions et des purifications sur les ghâts - marches - du Gange est vraiment une ville étrange ! L’accès en est difficile, sale, malodorant, voire hostile et les eaux du Gange, en dépit des milliers de petites lampes qui l’éclairent, sont épaisses et sombres. Et pourtant, nous avons vu les pèlerins s’y baigner, s’y purifier, y laver leur linge et y jeter leurs cendres. S’il y eut un moment silencieux dans notre voyage, c’était celui-là ; chacun d’entre nous a ressenti le mystère du sacré, pour certains très inconfortable, pour d’autres, moins. Peu à peu, avec le jour, les lieux ont retrouvé une humanité plus ordinaire : des enfants emmitouflés dans leur cache-nez et portant uniforme se hâtent vers les rickshaws pleins à craquer du ramassage scolaire. Quand Charma nous a proposé les mêmes lieux, le soir, à l’heure des cérémonies de la lumière, tout était différent : 6 prêtres effectuaient le rituel, ensemble, avec exactement les mêmes gestes au son rythmé des cymbales, et là, nous avons ressenti l’envoûtement, puissant, le temps était suspendu et le souvenir extraordinaire.

A Bénarès encore, un peu touchés par les scrupules, et redoutant de prévisibles accrochages, nous avons quand même expérimenté l’unique transport pour se rendre aux Ghâts : le cyclo-pousse ! Notre driver paraissait lui, enchanté et s’esclaffait régulièrement "two mamies, two !". Il était très fort ! Puis l’avion à nouveau, de belles visites un peu fraîches et humides à Delhi et retour en France. Quel magnifique voyage ! Merci à Jackie qui nous avait aussi concocté cela !

 LE MICRO-CREDIT, C’EST QUOI ?

par Guy Chérigny

Le micro-crédit est un financement d’un montant modeste qui permet de lutter contre la pauvreté dans les pays du Sud et contre l’exclusion dans les pays riches. Lutter contre la pauvreté, Muhammad Yunus l’a entrepris dans son pays, le Bangladesh, dans les années 1970, en créant, avec ses propres deniers, la Grameen Bank. Cet organisme prêtait sans garantie de très petites sommes à un faible taux d’intérêt, remboursables en un an, à des mères de famille pour démarrer une activité artisanale. Ces femmes ont, dès qu’elles l’ont pu, déposé leur épargne, si faible soit-elle, à la Grameen Bank qui l’a rémunérée et a ainsi disposé des fonds nécessaires à l’octroi de prêts à d’autres mères de famille. D’autres organismes se sont créés à l’image de la Grameen Bank. Actuellement, les vingt plus grandes institutions de micro-crédit touchent 21 millions de familles au Bangladesh, soit 105 millions d’habitants sur un total de 147 millions. En 2005, 100 millions d’habitants de notre planète ont bénéficié d’un micro-crédit pour démarrer une activité économique. Muhammad Yunus s’est vu décerner le Prix Nobel de la paix en 2006.

SALEM pratique à sa manière le micro-crédit en fournissant des chèvres à un village de lépreux. Chaque bénéficiaire doit, chaque année, remettre un chevreau à la collectivité qui en fera bénéficier un autre habitant, et ainsi de suite…

Lutter contre l’exclusion en France, l’ADIE ( Association pour le Droit à l’Initiative Economique ) l’a entrepris en 1988 en se consacrant au public des chômeurs et allocataires du RMI exclus du crédit bancaire. La vocation de l’ADIE est leur réinsertion dans l’économie et leur accès au crédit bancaire classique. Fin 2005, le bilan de son action, en 17 ans, était le micro-financement de 31000 entreprises nouvelles et la création de 37000 emplois. L’ADIE en France, c’est 300 conseillers salariés et 1000 bénévoles. Ces derniers participent essentiellement à l’accompagnement des créateurs d’entreprise financés dans les démarches administratives, le contrôle de la gestion, le marketing, la commercialisation et l’insertion bancaire.

Que ceux que le bénévolat à l’ADIE tenteraient sachent que le siège de la délégation régionale est situé à Toulouse, 3 rue Bayard, tél. 05 61 41 28 72.

 FETE SALEM 2007

La fête Salem 2007 aura lieu le samedi 3 novembre à la Salle polyvalente de Balma. L’objectif de notre fête est de financer les projets de Salem et de nous retrouver. C’est vraiment un moment de grande convivialité entre les membres de Salem et avec tous les sympathisants de notre association qui se joignent à nous. Les conclusions de la fête de 2005 nous amènent à changer de style. Nous avons choisi cette année de faire une fête très indienne sur le thème de Diwali, la fête indienne de la lumière. Célébrée au cours de la nuit la plus sombre de l’année, Diwali représente la victoire de la lumière sur les ténèbres, le triomphe du bien sur le mal, de la domination de la Vérité sur le mensonge. Diwali vient du mot sanskrit divapali, signifiant rangée de lumière. Diwali est une fête très importante pour les hindous et peut être comparée au Noël occidental.

Le thème retenu nous amène à donner une part importante à la lumière. Nous avons commencé à réfléchir aux illuminations possibles tout en sachant que nous ne pouvons pas rivaliser avec les illuminations de Noël qui sont, à Balma comme dans beaucoup de ville de France de plus en plus belles. Nous allons concentrer l’illumination de Diwali à la salle de la fête et à deux actions bougies sur la ville. Nous allons organiser une vente le samedi précédent la fête, sur le marché de Balma de petits bougeoirs en terre cuite avec une animation annonçant notre fête ; et nous allons demander aux enfants des écoles primaires de réaliser des photophores qu’ils emporteront chez eux pour les mettre à leur fenêtre le soir de la fête.

La fête débutera le matin avec une conférence dont le thème n’est pas encore arrêté mais sera un moment de réflexion sur l’Inde et nos actions. Vers 15 heures, nous prévoyons de donner un spectacle indien destiné aux enfants. Le soir nous gardons les deux formules de soirée, soit spectacle et apéritif, soit soirée avec spectacle, apéritif, repas et vente aux enchères américaines. Le repas sera indien et une équipe de Salem est en train de prospecter pour trouver la meilleure formule possible. Nous nous sommes déjà réunis trois fois pour préparer cette fête et vous êtes les bienvenus pour nous rejoindre si vous habitez près de Balma. Quant à nos amis de Salem d’autres villes de France, venir à la fête Salem, c’est l’occasion unique de connaître tous les membres actifs de Salem, alors n’hésitez pas, réservez dès maintenant votre week-end du 3 novembre.

 
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