Actualités du site SALEM
Accueil du site02- JOURNAUX2011
N°33 MARS 2011
Editorial
mercredi 30 mars 2011

popularité : 100%

POURQUOI DEVIYAKURICHI UNE NOUVELLE PRIORITE POUR L’ASSOCIATION.

Nous vous avons parlé à maintes reprises de ce village de lépreux, situé à environ 80km à l’est de Salem sur la route de Pondichéry. C’est de ce village qu’est issue notre première enfant parrainée : Saraswathi.

Mais nous ne l’avons su nous-mêmes qu’à la fin des années 90. « Déviya » n’a été qu’un nom de village comme bien d’autres, avant que nous soyons invités à y aller C’était en 2000. Nous avons découvert une dure réalité : ces lépreux, guéris mais handicapés vivent en marge de la société. Ils sont rejetés par la population locale, ils ne peuvent pas accéder à la ville voisine, Athur sauf quand ils y vont en groupe afin de pouvoir se défendre. La mendicité est leur seule ressource et beaucoup d’hommes partent pour des années dans les « grandes » villes Bangalore, Bombay ou encore Ooty (lieu de villégiature indien). Ils ramassent un petit pécule qui leur permet de survivre à leur retour.

Depuis 2000, nous sommes retournés dans ce village à chacun de nos voyages avecles amis qui nous accompagnaient. Nous avons appris à mieux connaître ses habitants leurs luttes pour vivre, leur capacité à s’organiser, leurs espoirs. Cela nous a demandé beaucoup de temps et on ne prétend certainement pas avoir tout compris. Ce qui nous impressionne : c’est une population digne, une communauté qui s’organise pour que chaque membre trouve aide et soutien, un groupe humain imprégné d’une vision d’avenir pour leurs enfants. Pour eux l’éducation est LA priorité et l’objectif partagé par tous est la réussite scolaire, clé d’une future réussite sociale. Les enfants ne sont pas en reste pour leur apporter beaucoup de satisfactions. C’est probablement le village où nous constatons les meilleurs résultats scolaires. A titre d’exemples, Saraswathi a obtenu une maîtrise de biologie, Sakthivel a obtenu un master de philosophie, son frère Tamil Vendam termine un master en informatique, quelques cas parmi des réussites brillantes.

A chacun de nos voyages, on voyait des habitants travaillant à remplacer leur maison de pisé par des constructions en pierres. C’est en 2008 que nous avons eu la surprise de découvrir toute une rangée de logements simples mais confortables : ils ont su convaincre des Associations locales et européennes de construire cette infrastructure moderne.

Ce volontarisme, cet engagement nous a conquis et a motivé notre décision d’intensifier notre soutien. Nous avons été sollicités en 2008 par le père Xavier pour participer à un projet d’extension du village permettant l’accueil d’une douzaine de familles dans les trois ans à venir. Nous avons donné notre accord pour finance l’achat d’un terrain (0,6 hectare) décidé à limiter notre support à cette action. Mais la soeur Francesca, directrice de la léproserie de l’hôpital de Salem rencontrée en mars 2010 (voir l’article « La lèpre et le village de Déviyakurichi » d’Enfants de Salem N°32) nous a convaincus d’aller plus loin et nous avons alors pris l’engagement d’aider à la construction de nouvelles maisons. Projet ambitieux que nous conduirons à notre rythme. Le coût de chaque maison est d’environ 4000 € et l’Association SALEM ne pourra pas seule assurer le financement du projet sans une aide spécifique. C’est pourquoi nous avons lancé l’action « une fête pour une maison ». Ainsi nous espérons avec votre aide pouvoir tenir nos engagements : 12 maisons construites en trois ans.

Je profite de cet éditorial pour informer d’une difficulté spécifique à ce village. Les familles qui quittent Déviya pour aller mendier sont souvent contraintes de placer leurs enfants dans des familles d’accueil. Le Père Xavier lui-même a de grandes difficultés à obtenir de leurs nouvelles. Il en résulte que nous perdons la trace de certains enfants parrainés et que nous sommes informés tardivement d’arrêter ces parrainages d’où parfois une certaine confusion dans le suivi de ces parrainages. Nous voudrions d’abord nous en excuser et nous allons voir avec nos interlocuteurs indiens comment pallier ce dysfonctionnement. Jacky Jouan

 
Articles de cette rubrique
  1. N°33 MARS 2011
    30 mars 2011

  2. JOURNAL 2011 IN EXTENSO
    16 juin 2011

  3. ENFANTS de SALEM N°34
    10 novembre 2011