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Enfants de Salem N° 39
édito
dimanche 19 avril 2015
par Roger
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Nous sommes neuf personnes de l’Association qui rentrons de Salem. Contacts toujours aussi chaleureux avec les jeunes enfants parrainés, avec plusieurs enfants aidés dans le cadre des parrainages exceptionnels et aussi plusieurs « anciens » qui nous rejoignent après avoir fait plusieurs heures de train ou de bus. Nous découvrons avec émotion la deuxième génération car beaucoup de ces jeunes filles et jeunes gens sont mariés et responsables de familles. Nous avons obtenu de nombreuses informations qui nous permettent de mieux appréhender les problèmes qui ont marqué ces deux dernières années : le transfert de l’école d’Andipatti, les difficultés concernant notre programme de construction de maisons à Déviyakurichi et la succession du Père Xavier. Ces différents points ont été développés lors de notre Assemblée Générale du 20 mars et je vous convie à vous reporter au compte rendu de cette AG.

Toutes ces informations vont nous servir à orienter nos objectifs et redéfinir nos actions lorsque nécessaire. Je souhaite toutefois mettre l’accent sur quelques points importants que nous devons prendre en considération pour mener cette réflexion. Une évolution essentielle concerne la scolarité des enfants. Il y a quelque vingt ans, lorsque nous avons développé notre action parrainage, le taux de scolarisation en primaire se situait autour de 50%…et encore était il difficile d’avoir des chiffres précis et fiables ! Aujourd’hui nos interlocuteurs sont unanimes pour estimer que ce taux dépasse 90%. Ceci est le résultat d’une politique volontariste du gouvernement fédéral relayée par les Régions et le Tamil Nadu semble avoir été particulièrement actif. L’accès facile au Cours Préparatoire complété par une scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans modifient désormais profondément l’environnement scolaire du début des années 90. Il en va différemment pour l’accès aux études supérieures : la multiplication des établissements d’études supérieures ouvre de larges possibilités. Malheureusement ceux-ci sont pour la plupart d’entre eux privés et très onéreux et de telles études sont inaccessibles aux familles de dalits si les adolescents ne sont pas aidés. Les excellents résultats que l’Association a obtenus par le biais des « parrainages exceptionnels » depuis 8 années nous incitent à amplifier cette action. Nous ne devons toutefois pas oublier que des villages isolés et pauvres existent toujours. Nous en avons été témoins lors d’un séjour chez le Père Durai Raj, actuellement prêtre dans une paroisse des Chinna Kalarayan Hills peuplées de tribaux (population d’origine Dravidienne). L’aide aux très jeunes enfants ne doit certainement pas être abandonnée mais un nouvel équilibre reste probablement à établir dans nos actions de parrainages.

Le processus de transfert de l’école d’Andipatti a été amorcé en 2014 et nous avons rencontré la congrégation des sœurs Gonzaga qui assurent désormais l’organisation de l’école. Nous avons ainsi découvert que l’école ne remplissait pas les conditions lui permettant d’être reconnue (enregistrée) par l’administration gouvernementale. Le nouvel encadrement semble mener une action constructive, toutefois la baisse sensible des effectifs (29 enfants en maternelle alors qu’il y en avait plus de 40 il y a 2 ans, 50 enfants en soutien contre près de 200 il y a quelques années) associée aux évolutions de la scolarité décrites ci avant nous incitent à la plus grande prudence. Nous attendons un projet de la congrégation en étant convaincus que tout investissement supplémentaire doit rester très limité.

Nous avions rencontré en 2012 le directeur d’une association humanitaire locale : Village Reconstruction and Development Project (VRDP). Cette association mène des actions ciblées depuis 1984, date de sa création, apportant son aide aux populations les plus pauvres dans tous les domaines où droits et justice doivent être défendus. Leurs principales initiatives couvrent l’éducation des enfants, l’éradication de l’infanticide féminin, l’aide aux femmes à gérer leurs conditions de vie et à devenir autonome, l’aide aux Adivasis pour leur droit à la terre, l’aide aux familles victimes du HIV’ la lutte contre le travail des enfants… Nous avions alors créé une collaboration afin d’apporter un support financier à 13 enfants atteints par le HIV. Depuis nous avons reçu régulièrement des informations sur l’utilisation des fonds envoyés. Cette année ils nous ont invités pour nous présenter plus précisément leur travail (aides sociale et médicale) et les résultats encourageants qu’ils obtiennent au sein de la communauté des familles atteintes du HIV. La qualité des personnes constituant l’équipe de VRDP, le sérieux des actions et de la gestion de cette ONG, l’approche très concrète pour appréhender et traiter les problèmes nous ont conquis. Partageant leurs convictions humanitaires, nous pensons qu’une collaboration élargie avec les membres de cette Association mérite d’être étudiée. Il m’a semblé important de mettre l’accent sur ces trois points : scolarisation, évolution de l’école d’Andipatti et informations complémentaires concernant l’Association « VRDP » car ils vont très certainement être au centre de la réflexion du bureau Salem dans les mois à venir. Il me reste à remercier nos compagnons de voyage pour leur convivialité durant ces trois semaines et leur participation à l’élaboration de ce journal « Enfants de Salem ».

Bonne lecture

Jacky

 
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